La construction identitaire à travers le discours révolutionnaire dans la littérature carcérale des femmes à la fin du XVIIIème siècle

2020-07-31T17:40:25Z (GMT) by Justyna Czader

The French Revolution was a turning point towards a republican culture and morality. Merging sociology, and gender studies, historians are addressing the era’s new social structure and the political activism of women. They draw attention to the women’s political revolutionary organizations, awareness and experience that confronted male dominated society. However, while investigating revolutionary prisons, they neglect to examine the issue of gender. This dissertation addresses this lacuna to demonstrate that through the experience of prison, the incarcerated women of the revolutionary period find meaning, relive past events, but also forge new identities as they develop new political competencies behind bars.

The 18th century prison literature examined here is unique not only because it is written by women for women, but because its narratives contrast and take place in two political regimes. The prison writings, as political and intellectual heritage, and as a response to gender marginalization, provide a historical framework and political legacy of women’s fight for their rights, and a quest for identity. Marie-Antoinette and Madame Roland are two women prisoners, with different social and educational backgrounds, who wrote letters and memoirs respectively. Their prison writings which cross political, social, spatial and temporal boundaries affirm the importance of women in building a new nation and a new modern philosophical era.


La Révolution française était un tournant vers la culture et la morale républicaines. À la lumière des études sociohistoriques et des études de genre les historiens accordent une attention particulière à une nouvelle structure sociale et à l’activisme politique des femmes. Ils examinent des organisations politiques révolutionnaires, la conscience et l’expérience des femmes qui ont confronté la société dominée par les hommes. Cependant, leurs études sur l’univers carcéral négligent de soulever la question du genre. La prison a permis aux femmes non seulement de trouver le sens de leur existence, de revivre les événements passés, mais aussi d'établir une identité et de guider leur compétence politique derrière les barreaux.

La littérature de prison du XVIIIème siècle est particulière, non seulement parce qu’elle est écrite par les femmes pour les femmes, mais parce que sa thématique se contraste et se place dans deux régimes politiques. En tant qu’héritage politique et intellectuel et en réponse à la marginalisation des sexes, elle fournit un cadre historique de la lutte des femmes pour leurs droits. Les écrits carcéraux qui manifestent la quête identitaire des prisonnières, dépassent les frontières politiques et sociales, spatiales et temporelles, en affirmant l’importance des femmes dans la construction d'une nouvelle nation et d'une nouvelle ère philosophique moderne.